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Aller plus loin dans son approche des soft skills

Gabriel Cadet

soft skills

Elles vous sont déjà probablement familières, les soft skills ont pris une place considérable dans le recrutement professionnel. Ce sont des compétences humaines et comportementales, que l’on peut distinguer des compétences techniques et professionnelles classiques. 


Pourquoi les soft skills ont gagné autant de place face aux compétences techniques ? On peut trouver des réponses dans les évolutions récentes de l’entreprise. Depuis la fin de l’ère industrielle, nos tâches demandent de plus en plus de qualité cognitives, même rudimentaires. Impossible alors de travailler ensemble sans les compétences sociales les plus primaires qui concernent le collectif ! Le respect, l’écoute, l’empathie, la patience, l’intuition gagnent leurs lettres de noblesse sur les CV. Le phénomène s’est renforcé avec  l’évolution des méthodes de management, passant d’une forme verticale à horizontale. Moins de hiérarchie au profit de plus de responsabilité, d’autonomie et d'autodiscipline. Le salarié devient un électron semi-libre et ses qualités humaines, sa personnalité, sont alors les indicateurs vitaux de sa capacité à prendre sa place dans le mécanisme collectif.
On peut par ailleurs imaginer que les softs skills en tant que qualités humaines gagneront davantage de place au fur et à mesure que des machines prendront en main toutes les tâches qui justement ne demandent pas de sensibilité humaine. 



Les soft skills, des compétences humaines et intérieures



Ces compétences sont d’ailleurs pertinentes dans des cadres très formels. Ainsi la confiance en soi permet de prendre la parole plus facilement dans une réunion ou face à un client, la créativité d’apporter de nouvelles idées, l’écoute de ne pas faire répéter les choses autour de soi. Néanmoins, leur importance dans un cadre plus informel est toute aussi cruciale : avoir de l’humour, de la patience, permet de créer de la cohésion et une atmosphère de travail plus saine et agréable. La dynamique d’une entreprise dépend aussi de ces espaces informels et de l’ambiance générale dans le groupe. Selon un sondage 72 % des actifs jugent les soft skills indispensables pour leur évolution professionnelle (1).⠀



Un degré plus profond : les méta-compétences 



La recherche des soft skills s’est dernièrement affinée, précisée. Pour Christophe Deval, fondateur associé de A.Life et invité de GOOD Vibes dans l’épisode sur les soft skills, les entreprises se sont pendant trop longtemps penchées uniquement sur les soft skills externes, c’est à dire celles qui sont tangibles dans l’interaction. Les salariés sont recrutés selon leur capacité à s’exprimer avec justesse, à faire des "feedbacks", à rebondir. Mais ce dont on s’aperçoit c’est que ces soft skills une fois identifiées ne s’expriment pas forcément dans l’expérience du travail. Pour notre invité c’est parce qu’on a ignoré les soft skills plus internes, plus meta, celles qui concernent les émotions et le “moi” profond. Bien gérer ses émotions, être au clair avec ses valeurs, ce sont ces compétences qui sont le déclencheur de toutes les autres. Quelqu’un a beau avoir toutes les compétences techniques et sociales nécessaires, si il n’est pas capable de les identifier et de les utiliser avec adresse et souplesse, elles ne servent presque à rien. Il y a être sensible et savoir gérer ses émotions ; être flexible et être capable de moduler sa flexibilité. Chaque qualité a un potentiel de maîtrise et de contrôle sur elle-même. 
Ce n’est pas forcément évident d’avoir une vision précise de soft skills aussi intimes dès la première rencontre entre un employeur et un futur collaborateur. Il s’agit donc pour le manager de supposer ces qualités, de les identifier pendant la période d’essai et finalement de tout faire pour permettre au collaborateur de les épanouir une fois en poste. 

(1) sondage Harris commandé par Centre Info, 2019





13 janvier, 2021

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